Ne pas réduire la personne à une cause unique, mais accompagner le corps dans son ensemble, selon une progression cohérente.
Lorsqu’un client nous dit qu’il a mal à l’épaule, nous, praticiens, nous nous posons naturellement une question :
« Où se trouve la véritable cause de cette douleur ? »
Est-elle dans l’épaule elle-même ? Dans le cou ? Dans la posture ? Ou bien la fatigue et le stress jouent-ils aussi un rôle ?
Il est naturel de penser que, si nous connaissons la cause, nous pourrons intervenir avec plus de précision et mieux aider la personne.
J’ai moi-même longtemps raisonné ainsi.
Plus j’apprenais, moins une seule réponse suffisait
Depuis plus de vingt-cinq ans, j’étudie et je pratique le Shiatsu, l’acupuncture, le massage, différentes approches corporelles et le qigong.
Il existe de nombreuses façons d’observer le corps : à travers les muscles et les fascias, la structure et la posture, le fonctionnement interne du corps, ou encore le stress et les liens entre le corps et l’esprit.
Chacune de ces perspectives a sa valeur.
Au début, je pensais que l’accumulation des connaissances me rapprocherait peu à peu de la « véritable cause ».
Mais plus j’apprenais, plus je constatais qu’un même corps pouvait donner lieu à plusieurs explications plausibles.
Deux personnes peuvent ressentir une douleur similaire à l’épaule, tout en ayant des contextes très différents. La posture, la manière d’utiliser le corps, les tensions musculaires, la fatigue ou le stress peuvent se combiner de façons diverses.
Et ces combinaisons peuvent évoluer avec le temps.
Le praticien peut écouter la personne, observer sa posture et ses mouvements, toucher son corps et être attentif à ses réactions.
Toutes ces informations sont précieuses pour construire une séance.
Pour autant, il nous est impossible d’affirmer avec une certitude absolue ce qui se passe à l’intérieur du corps, dans quel ordre les différents facteurs interviennent, et quelle est l’importance exacte de chacun.
Ma question a donc progressivement changé.
Au lieu de me demander :
« Quelle est la véritable cause ? »
J’ai commencé à me demander :
« En tant que praticien, que puis-je réellement proposer à cette personne, ici et maintenant, en toute sécurité ? »
L’Evo Shiatsu est né de cette question.
Le point de départ de l’Evo Shiatsu
L’Evo Shiatsu n’est pas une méthode destinée à découvrir la « véritable cause » cachée derrière une douleur ou un inconfort.
Il s’agit de ne pas prétendre savoir ce que nous ne savons pas.
Nous pouvons formuler des hypothèses à partir de nos connaissances.
Mais nous ne devons pas les présenter comme des faits certains concernant le corps du client.
Cela ne signifie pas pour autant que nous pratiquons sans réfléchir.
Nous refusons simplement d’enfermer le corps dans une réponse unique.
Nous élargissons notre regard, puis nous travaillons, selon une progression cohérente, sur ce qui entre dans notre champ de pratique et peut être abordé en toute sécurité.
C’est le point de départ de l’Evo Shiatsu.
Élargir le regard grâce à cinq grandes familles de causes possibles
L’Evo Shiatsu envisage les facteurs susceptibles de contribuer aux douleurs ou aux inconforts à travers cinq grandes familles de causes possibles :
Structure et posture
- Muscles et fascias
- Organes internes
- Stress et système nerveux autonome
- Mémoire corporelle
- Ces cinq familles ne sont pas des cases permettant de déterminer où se trouverait la « véritable cause ».
Elles ne signifient pas non plus que chaque symptôme possède cinq causes, ni que tout ce qui concerne le corps peut être expliqué uniquement par ces cinq catégories.
Ces différentes familles ne sont pas totalement séparées.
Elles se chevauchent et interagissent au sein d’un même corps.
Leur rôle n’est pas de rendre l’analyse plus complexe.
Elles servent à éviter que le regard du praticien ne se limite à une seule zone, une seule théorie ou une seule technique.
Ne pas ignorer le symptôme, sans y réduire toute la personne
Lorsqu’une épaule est douloureuse, il est naturel de l’observer.
Lorsqu’une personne ressent une lourdeur dans le bas du dos, il est naturel de toucher cette zone.
Prendre soin de l’endroit où le symptôme se manifeste est important.
Un travail local peut parfois être utile.
Mais la zone douloureuse ne suffit pas toujours à expliquer ce qui se passe dans l’ensemble du corps.
En Evo Shiatsu, le symptôme n’est ni minimisé ni ignoré.
Nous le considérons comme un point d’entrée pour observer la personne dans sa globalité.
Bien entendu, le Shiatsu ne peut pas tout résoudre.
Selon la nature, l’intensité ou l’évolution des symptômes, il peut être nécessaire de ne pas pratiquer la séance et de recommander à la personne de consulter un professionnel de santé.
Connaître et respecter les limites de son champ de pratique fait pleinement partie de la responsabilité du praticien.
Pourquoi travailler le corps dans son ensemble, selon une progression ?
C’est précisément parce que nous ne pouvons pas affirmer avec certitude tout ce qui se passe dans le corps que l’Evo Shiatsu ne se concentre pas indéfiniment sur une seule zone ou une seule famille de causes possibles.
En gardant les cinq grandes familles à l’esprit, nous travaillons le corps dans son ensemble, selon une progression cohérente.
Cela ne signifie pas que les cinq familles présentent toutes un problème.
Cela ne signifie pas non plus que le Shiatsu traite directement les organes internes ou le système nerveux autonome.
Cette approche permet simplement de ne pas désigner trop vite un facteur comme étant « la véritable cause », et d’aborder de manière équilibrée ce que le praticien peut toucher en toute sécurité.
L’Evo Shiatsu s’appuie sur des éléments issus du Shiatsu japonais : le contact des mains, la pression, le rythme et une approche globale du corps.
Il les organise sous une forme claire, compréhensible et reproductible pour les praticiens d’aujourd’hui.
C’est ainsi que l’Evo Shiatsu se met en pratique.
Le praticien ne commande pas au corps de changer
En Evo Shiatsu, le praticien n’est pas celui qui « guérit » unilatéralement le client.
Il ne peut pas ordonner au corps de changer.
Lorsqu’un changement se produit, il a lieu dans le corps même de la personne qui reçoit la séance.
Le rôle du praticien consiste à créer des conditions favorables à ce changement :
un toucher rassurant ;
- une stimulation qui ne soit pas excessive ;
- une progression qui ne fragmente pas inutilement le corps ;
- une pression et un rythme adaptés aux réactions de la personne.
- Plutôt que de vouloir obtenir un résultat par la force, nous faisons avec soin ce qui relève de nos compétences, sans affirmer ce que nous ne pouvons pas savoir.
Cette posture ne sert pas uniquement à respecter le corps du client.
Elle aide aussi le praticien à ne pas se perdre dans des suppositions, à ne pas porter une responsabilité démesurée et à construire une pratique stable dans le temps.
Comprendre largement. Pratiquer simplement.
L’objectif de l’Evo Shiatsu n’est pas d’analyser le corps de façon toujours plus complexe.
Notre regard peut rester large.
Dans la pratique, en revanche, nous avançons de façon simple, sûre et progressive, en respectant le corps de la personne.
L’Evo Shiatsu est une méthode qui envisage les facteurs susceptibles de contribuer aux douleurs ou aux inconforts à travers cinq grandes familles de causes possibles.
Sans désigner l’une d’elles comme la « véritable cause », il accompagne le corps dans son ensemble, selon une progression cohérente, afin de créer des conditions plus favorables aux capacités de récupération propres à la personne.
Voilà le fondement de l’Evo Shiatsu.
Voir la vidéo
Je présente également le contenu de cet article dans la vidéo YouTube :
« Qu’est-ce que l’Evo Shiatsu ? Une autre façon de comprendre le corps »
Pour aller plus loin avec l’Evo Shiatsu
Si cette approche vous intéresse, vous pouvez découvrir la vidéo d’introduction et le guide PDF gratuits de l’Evo Shiatsu.
Vous y trouverez les bases d’une pratique qui considère le corps à travers cinq grandes familles de causes possibles, avec une approche claire, progressive et respectueuse de la personne.
